{"id":83,"date":"2013-03-12T21:43:54","date_gmt":"2013-03-12T21:43:54","guid":{"rendered":"http:\/\/le-moulin-a-poivre.fr\/?page_id=83"},"modified":"2022-08-10T09:15:25","modified_gmt":"2022-08-10T09:15:25","slug":"les-ors-de-la-catedral","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/le-moulin-a-poivre.fr\/?page_id=83","title":{"rendered":"Les ors de la Catedral"},"content":{"rendered":"<p>Nos amis espagnols aiment bien vous citer le proverbe suivant lequel la capitale de l\u2019Andalousie, (pour eux : \u00ab Sevilla\u00bb) est\u00a0\u00ab\u00a0una maravilla,\u00bb\u00a0 une merveille.\u00a0 Eh bien, ma femme et moi avons eu la chance d\u2019aller voir l\u00e0-bas ce qu\u2019il en \u00e9tait ; c\u2018\u00e9tait en octobre dernier,\u00a0 mois o\u00f9 les 40-45\u00b0 de l\u2018\u00e9t\u00e9 s\u2019effacent pour donner un temps bien plus supportable. Autant vous le dire tout de suite : nous ne sommes pas loin, apr\u00e8s un s\u00e9jour bien rempli, d\u2018\u00eatre d\u2019accord avec le proverbe. Vous me direz que nous avons vu S\u00e9ville \u2014ainsi que Cordoue et Grenade &#8212; en touristes,\u00a0 c\u2019est vrai, mais quand m\u00eame, nous avons \u00e9t\u00e9 impressionn\u00e9s par l\u2019apparente absence de sinistrose, la d\u00e9contraction et la cordialit\u00e9 des S\u00e9villans avec qui j\u2019ai pu m\u2019entretenir (dans leur langue) : certes, ils ont de la chance, eux, d\u2019avoir du travail dans une province o\u00f9 le ch\u00f4mage atteint un taux sup\u00e9rieur \u00e0 celui du reste de l\u2019Espagne.<\/p>\n<p>Mais pour autant que j\u2019aie pu juger, S\u00e9ville et ses habitants ne se n\u00e9gligent pas : la ville, o\u00f9 les autos ne sont tol\u00e9r\u00e9es que sur quelques axes, est propre et plut\u00f4t pimpante ; les avenues sont larges et plant\u00e9es d\u2019arbres, souvent des bigaradiers (oranges am\u00e8res;) des c\u00e9ramiques de couleur, les azulejos, \u00e9gaient les murs les plus inattendus ; les rues du vieux quartier Santa Cruz sont pour la plupart \u00e9troites, mais on n\u2019y voit pas de chiens, on n\u2019a pas \u00e0 y \u00e9viter les \u00ab virgules \u00bb ; ce m\u00eame quartier est a\u00e9r\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 des rues pi\u00e9tonnes, dont la grande Avenue de la Constitution, qui offre une ligne droite de pr\u00e8s d\u2019un km aux pi\u00e9tons-rois, \u2014le principal v\u00e9hicule qui y passe est un tram aux couleurs vives ; les cochers des cal\u00e8ches, du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019H\u00f4tel de Ville, discutent tout en en attendant le client ; le parvis de l\u2018\u00e9glise San Salvador est un \u00e9tonnant lieu de rendez-vous pour des centaines de jeunes : concurrence au traditionnel \u00ab paseo \u00bb, la promenade ch\u00e8re aux Espagnols en fin d\u2019apr\u00e8s-midi ? Beaucoup de rencontres et de conversations ont lieu dans les rues comme aussi dans les bars et aux terrasses ; la belle Tour de la Giralda, jadis minaret, aujourd\u2019hui clocher, semble prot\u00e9ger le vieux quartier qu\u2019elle domine ; elle nous a offert un concert \u2014quelque peu assourdissant \u2014 o\u00f9 ses nombreuses cloches (25) sonnaient \u00e0 toute vol\u00e9e ; ma femme et moi la regardions, un peu inquiets, comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019un \u00eatre cher : allait-elle tenir le coup ? et tout pr\u00e8s de l\u00e0, la Cath\u00e9drale, les Archives des Indes, l\u2019Alcazar, l\u2019H\u00f4tel de Ville sont autant de monuments imposants et qui valent la peine d\u2018\u00eatre visit\u00e9s; \u00e0 cela s\u2019ajoute dans notre souvenir un splendide v\u00e9g\u00e9tal qui souhaite la bienvenue aux visiteurs de l\u2019Alcazar : le \u00ab choricia speciosa,\u00bb grand arbre tout de fleurs roses rev\u00eatu, import\u00e9, nous a t-on dit, d\u2019Argentine ; en plus de ses couleurs gaies, il est dr\u00f4le, avec son tronc renfl\u00e9 comme une bouteille \u2014 ce qui lui vaut son surnom de \u00ab palo borracho \u00bb\u201c, le b\u00e2ton ivre ou ivrogne.<\/p>\n<p>A signaler aussi un petit rien cocasse : alors que nous revenions d\u2019une mini-croisi\u00e8re qui permet de d\u00e9couvrir la ville depuis le fleuve,\u00a0 nous e\u00fbmes \u00e0 traverser la tr\u00e8s large avenue arbor\u00e9e qui longe le Guadalquivir : pour cela,\u00a0 il fallut attendre que le petit bonhomme, symbole des pi\u00e9tons, passe au vert ; alors que nous \u00e9tions \u00e0 mi-course sur la chauss\u00e9e, nous remarqu\u00e2mes devant nous un compte \u00e0 rebours : le nombre de secondes qui nous restaient pour traverser; l\u00e0-dessus, le petit bonhomme vert, jusque l\u00e0 immobile, se mit \u00e0 courir vite, vite, vite, avec la raideur d\u2019un automate ! nous n\u2019avions plus qu\u2018\u00e0 courir nous aussi !<\/p>\n<p>Autre souvenir qui nous est cher : Un jour que nous \u00e9tions devant l\u2019entr\u00e9e de l\u2019Alcazar (aux allures de forteresse) surgit un grand groupe de femmes espagnoles, disons quinqua et sexag\u00e9naires, (des touristes ?) elle pass\u00e8rent devant nous, et il nous sembla qu\u2019elles marchaient plus ou moins au pas, joyeuses, en chantonnant, puis elles \u00e9lev\u00e8rent la voix et deux d\u2019entre elles, se faisant face, bras lev\u00e9, improvis\u00e8rent l\u2019espace d\u2019un instant une figure de danse circulaire : peut-\u00eatre l\u2019air de S\u00e9ville donne t il envie de faire la f\u00eate ?<\/p>\n<p>Cette gaiet\u00e9 spontan\u00e9e, je me garderai bien de la confondre avec les petits concerts entendus dans la rue : chanteur de flamenco \u00e0 la voix forte et tr\u00e8s rauque ; groupe de cinq jeunes hommes v\u00eatus comme au Si\u00e8cle d\u2019Or, (l\u2018\u00e9poque de Charles Quint et Philippe II : le 16\u00e8me si\u00e8cle) interpr\u00e9tant deux ou trois chansons traditionnelles, puis avec l\u2019argent qu\u2019ils venaient de gagner, s\u2019asseyant pour prendre un verre \u00e0 une terrasse ;\u00a0 enfin, ailleurs, un guitariste, un accord\u00e9oniste, un joueur de cornemuse ; ces musiciens, qui jouaient non loin des clients assis aux terrasses des restaurants, devaient \u00eatre au ch\u00f4mage ; les serveurs feignaient de les tenir \u00e0 distance mais ne les emp\u00eachaient pas de venir r\u00e9colter quelques pi\u00e8ces, une fois leur prestation termin\u00e9e.<\/p>\n<p>Bien s\u00fbr,\u00a0 je ne pr\u00e9tendrai pas que tout va pour le mieux dans cette cit\u00e9 : les guides, (j\u2019entends par l\u00e0 les bouquins qui nous aid\u00e8rent \u00e0 faire nos choix\u00a0avant que nous ne quittions la France,)\u00a0 signalent les risques de vol \u00e0 la tire, nous y avons \u00e9chapp\u00e9 ; on remarque fort aujourd\u2019hui les pr\u00e9cautions prises dans les gares o\u00f9 les bagages sont \u201cradioscop\u00e9s\u201d par d\u00e9tecteurs avant l\u2019embarquement ; nous avons vu deux policiers interroger longuement un chanteur de rues et, \u00e0 plusieurs reprises, plonger leur regard \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de sa guitare, \u00e0 la recherche d\u2019un objet vol\u00e9 ou de quelque drogue ( ? )<\/p>\n<p>Et puisque j\u2019ai parl\u00e9 de ch\u00f4mage, je dois signaler la pr\u00e9sence d\u2019une dizaine d\u2019hommes qui squattaient \u2026 \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur de la Cath\u00e9drale, pr\u00e8s d&#8217;une entr\u00e9e,\u00a0 ils avaient pass\u00e9 la nuit dans des sacs de couchage : des mineurs de fond expliquant sur des calicots leur gr\u00e8ve de la faim, leur action depuis 444 jours et les promesses, non tenues, disaient-ils, de la Junte, (l\u2019Assembl\u00e9e provinciale de l&#8217;Andalousie.)<\/p>\n<p>M\u2019en tenir \u00e0 ces quelques lignes serait ne pas faire justice \u00e0 la \u00ab Catedral \u00bb s\u00e9villane, \u00e9glise gothique \u00e0 cinq nefs, b\u00e2tie \u00e0 l\u2019emplacement d\u2019une mosqu\u00e9e, (elle-m\u00eame \u00e9difi\u00e9e sur une \u00e9glise,) une des plus vastes cath\u00e9drales d\u2019Europe, o\u00f9 travaill\u00e8rent des hommes venus de tous pays et dont les chanoines b\u00e2tisseurs dirent : (Ce sera) \u00ab une \u00e9glise si grande que ceux qui la verront nous jugeront fous \u00bb : 130 m de long , une hauteur de vo\u00fbtes de 56 m ; une largeur de 76 m ;\u00a0 elle n\u2019est d\u00e9pass\u00e9e que par St Pierre \u00e0 Rome et St Paul \u00e0 Londres.)<\/p>\n<p>Beaucoup de visiteurs, \u00e0 peine entr\u00e9s, vont voir le mausol\u00e9e de Cristobal Colon, (= Christophe Colomb \ud83d\ude09 (les cendres du navigateur ont \u00e9t\u00e9 rapatri\u00e9es de La Havane \u00e0 la fin du 19\u00e8me s.; pas mal sans plus, ce tombeau !)\u00a0 puis le tr\u00e9sor o\u00f9 l\u2019on remarque, entre autres, un ostensoir en argent de style Renaissance \u2026et pesant 300 kg, une salle capitulaire sous coupole, de nombreuses chapelles lat\u00e9rales ( 54 !) o\u00f9 l\u2019on voit moult tableaux de ma\u00eetres, statues, etc<\/p>\n<p>Mais surtout, dans le choeur, un lieu o\u00f9 la lumi\u00e8re dor\u00e9e attire beaucoup de monde ; citons le Guide du Routard : \u00ab Derri\u00e8re les superbes grilles plateresques de la \u00ab Capilla Mayor, \u00bb\u00a0 le ma\u00eetre autel est sans doute l\u2019oeuvre la plus marquante de la Cath\u00e9drale : 220 m\u00b2 de figures sculpt\u00e9es ! en tout, 1500\u00a0 statuettes\u00a0 cisel\u00e9es dans du bois de c\u00e8dre, puis dor\u00e9es \u2014 1200 kg d\u2019or fin furent utilis\u00e9s pour recouvrir cette oeuvre magistrale. C\u2019est le plus grand retable du monde, d\u2019une richesse \u00e9poustouflante, r\u00e9alis\u00e9 dans un style gothique fleuri. Commenc\u00e9 par le sculpteur flamand Pieter Dancart en 1482 et termin\u00e9 par d\u2019autres en 1564 , il illustre 45 sc\u00e8nes de la vie du Christ et de la Vierge.\u00bb\u00a0 Cette oeuvre baroque s\u2018\u00e9l\u00e8ve jusqu\u2018\u00e0 la vo\u00fbte en pierre, elle-m\u00eame finement sculpt\u00e9e .<\/p>\n<p>( Beaucoup de visiteurs s\u2019assoient, fascin\u00e9s par cette d\u00e9coration pouss\u00e9e \u00e0 l\u2019extr\u00eame ; il y a de quoi ; mais je me demande s\u2019il ne faut pas \u00eatre espagnol pour se recueillir devant tant d\u2019or, de marbres, de moulures, de statues, de stuc, de colonnes torsad\u00e9es, de d\u00e9tails parfois anecdotiques ; j&#8217;imagine que les Fran\u00e7ais, m\u00eame croyants, sont plus impressionn\u00e9s qu\u2018\u00e9mus et ont beaucoup de mal \u00e0 prier devant une telle exub\u00e9rance \u2026 Nous n\u2019avons pas , que je sache, d\u2018\u00e9quivalent en France ; et une Belge m\u2019a dit :\u00a0\u00ab Notre baroque est sobre par comparaison. \u00bb)<\/p>\n<p>Dans la \u00ab Capilla Real, \u00bb ferm\u00e9e au public par des grilles, statue de N.D. des Rois, patronne de S\u00e9ville et repr\u00e9sentation d&#8217;un \u00e9pisode important de la \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0\u00ab Reconquista \u00bb : reddition des Maures, l&#8217;un d&#8217;eux remet les cl\u00e9s de S\u00e9ville \u00e0 Ferdinando III\u00a0 \u00e0 la fin du si\u00e8ge entrepris par ce roi ; c\u2018\u00e9tait en 1248 .<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-<\/p>\n<p>La Cath\u00e9drale, elle, fut construite au 15 \u00e8me s., donc nettement plus tard.<br \/>\nLa joie des Espagnols \u00e0 la suite de leur victoire de 1248 peut expliquer \u00e0 elle seule leur construction \u00ab folle \u00bb ( Leur confiance en l\u2019avenir aussi , car la \u00ab Reconquista\u00a0\u00bb connaissait des tr\u00eaves, mais tout le monde savait que l\u2019ennemi \u00e9tait divis\u00e9 et que la mar\u00e9e musulmane en \u00e9tait au reflux.)\u00a0 Dans l&#8217;optique des chr\u00e9tiens, il devait \u00eatre capital de r\u00e9tablir le culte du vrai Dieu apr\u00e8s 5 si\u00e8cles d\u2019occupation et d\u2019erreur, de remercier Dieu dignement, et de c\u00e9l\u00e9brer architecturalement la grandeur du Tr\u00e8s-Haut et la joie\u00a0 des vainqueurs.<\/p>\n<p>Volont\u00e9 de record ?\u00a0 Oui, \u00e0 partir du 13\u00e8me s., la Chr\u00e9tient\u00e9 \u00e9difie des cath\u00e9drales dans le nouveau style ogival (= gothique,) qui permet d\u2018\u00e9lever tr\u00e8s haut les vo\u00fbtes ; chaque \u00e9v\u00each\u00e9 r\u00eavant de surpasser les autres, on b\u00e2tit de plus en plus haut,\u00a0 (jusqu\u2019au jour o\u00f9 une partie des vo\u00fbtes&#8212; \u00e0 Beauvais,&#8211;s\u2019effondra !) (1)<br \/>\nDe plus, S\u00e9ville a d\u00fb vouloir surpasser l\u2018\u00e9norme mosqu\u00e9e de Cordoue, avec sa for\u00eat de 1 013 colonnes ! Un mot d&#8217;ordre des temps de prosp\u00e9rit\u00e9 a\u00a0vraisemblablement pr\u00e9valu\u00a0: \u00ab Au diable\u00a0 l\u2019avarice ! \u00bb.<\/p>\n<p>En 1248, apr\u00e8s que les Maures eurent \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9s de S\u00e9ville, il vint s\u2019installer \u00e0 leur place des Castillans, des \u00ab Francs \u00bb\u00a0(= chr\u00e9tiens venus du nord,)\u00a0 des Flamands (\u00e0 cette \u00e9poque, m\u00eame les Belges francophones \u00e9taient d\u00e9sign\u00e9s ainsi,) des G\u00e9nois, des Catalans, des Juifs, (ceux-ci seront expuls\u00e9s en 1483,) des Florentins et quelques Maures soumis ; le port de S\u00e9ville se mit \u00e0 commercer avec le nord de l\u2019Europe et la M\u00e9diterran\u00e9e, la ville \u00e9tait la place commerciale la plus active d\u2019Espagne ; ainsi, avant m\u00eame la d\u00e9couverte de Colomb, on y trouvait d\u00e9j\u00e0 savoir-faire , dynamisme et richesse.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;<\/p>\n<p>~ Tous les \u00e9coliers espagnols\u00a0 connaissent\u00a0 la date de 1492, cette ann\u00e9e c\u00e9l\u00e9brissime o\u00f9 une sc\u00e8ne semblable \u00e0 celle que nous avons \u00e9voqu\u00e9e : cette fois-ci, la reddition de Grenade, re\u00e7ue par Ferdinand d\u2019Aragon et Isabelle de Castille, souverains catholiques et unificateurs, marqua la fin du dernier royaume musulman dans la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique. (2 janvier )<br \/>\n~ Ann\u00e9e extraordinaire aussi,\u00a0 puisque les m\u00eames Ferdinand et Isabelle approuv\u00e8rent quelques semaines plus tard l\u2018\u00e9trange projet du g\u00e9nois Christophe Colomb de trouver une route maritime pour se rendre aux Indes. (avril)<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;<\/p>\n<p>Suite au \u00ab r\u00eave h\u00e9ro\u00efque et brutal \u00bb des conquistadors, le volume des marchandises d\u00e9charg\u00e9es \u00e0 S\u00e9ville connut une croissance sans pr\u00e9c\u00e9dent. Isabelle organisa ce commerce sur lequel l\u2018\u00e9tat pr\u00e9levait son d\u00fb \u2014 S\u00e9ville en retirant quelques miettes non n\u00e9gligeables : les navires marchands espagnols venant d\u2019Am\u00e9rique chaque ann\u00e9e (17 600 entre 1505 et 1650), formant la\u00a0<em>flota<\/em>, que prot\u00e9geaient des navires de guerre, remontaient le Guadalquivir jusqu\u2018\u00e0 la capitale de l\u2019Andalousie, \u2014 \u00e0 60 km de l\u2019oc\u00e9an \u2014 et y d\u00e9barquaient les produits coloniaux : l\u2019or, (au d\u00e9but celui des Azt\u00e8ques et des Incas,) l\u2019argent (du Potosi, du Mexique,) des produits, dont certains rest\u00e8rent longtemps des curiosit\u00e9s tels que tabac, pomme de terre, haricot, ananas, vanille, sucre de canne, cacao, quinquina, indigo, bois pr\u00e9cieux et tinctoriaux, + soieries et \u00e9pices des Philippines, sans oublier le dindon et (au 18\u00e8me s,) la grosse fraise.\u00a0Au cours du seul 16\u00e8me si\u00e8cle, 150 tonnes d\u2019or et 7500 tonnes d\u2019argent transit\u00e8rent par S\u00e9ville \u2026et la contrebande en importa sans doute autant. La ville conserva le monopole de ces importations jusqu\u2019au 18\u00e8me s.<\/p>\n<p>Pour en revenir \u00e0 la Cath\u00e9drale : il fut d\u00e9cid\u00e9 que tous les si\u00e8ges \u00e9piscopaux cr\u00e9\u00e9s en Am\u00e9rique d\u00e9pendraient de l\u2019Archev\u00eaque de S\u00e9ville, bient\u00f4t promu patriarche.\u00a0Il y avait l\u00e0 de quoi tourner la t\u00eate aux S\u00e9villans ; vivant sur un nuage , ils allaient embellir un peu plus leur Catedral .<\/p>\n<p>Ici, une remarque : l\u2019art baroque, auquel nous reprochons souvent aujourd\u2019hui d\u2018\u00eatre hyper-orn\u00e9, emphatique, ostentatoire, excessif, devait \u00eatre tr\u00e8s en vogue quand l\u2019int\u00e9rieur de l\u2018\u00e9difice a \u00e9t\u00e9 am\u00e9nag\u00e9 ; il a d\u00fb enthousiasmer les nombreux Espagnols qui aiment les couleurs vives \u2014 l\u2019or figure sur leur drapeau,\u2014 ainsi que courbes et contrecourbes et la repr\u00e9sentation des passions fortes.\u00a0 \u00ab Le Baroque a laiss\u00e9 \u00e0 S\u00e9ville un patrimoine dont il est difficile de trouver l\u2018\u00e9gal en\u00a0 Europe, \u00bb\u00a0 \u00e9crivent fi\u00e8rement Francisco Robles et Alvaro Pastor Torres dans leur Histoire de S\u00e9ville, publi\u00e9e en 2006 ; pour beaucoup de nos voisins d\u2019outre-Pyr\u00e9n\u00e9es, cet art est tout simplement beau (et qui sait ?\u00a0 ils en voient peut-\u00eatre la\u00a0\u00ab preuve\u00bb en observant ,narquois, le nombre des touristes venus de pays protestants b\u00e9ant d\u2019admiration devant des \u0153uvres que les troupes de Cromwell, entre autres, traitaient \u00e0 coups de marteau !)<br \/>\nIl suffit de regarder les tableaux et le nom des grands peintres qui les ont sign\u00e9s : Zurbaran, (1598-1664,\u00a0 Murillo, (1618-1682,) Vald\u00e8s Leal,\u00a0 (1622-1690,) Goya, (1746-1828,) (+ quelques Italiens,) pour voir que bien des \u0153uvres donn\u00e9es ou l\u00e9gu\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 ajout\u00e9es dans la Cath\u00e9drale au fil des si\u00e8cles \u2026l\u00e0 o\u00f9 il devait rester de la place, par ex. dans les 54 chapelles lat\u00e9rales. Il en va de m\u00eame avec les objets liturgiques en or conserv\u00e9s dans la Salle du Tr\u00e9sor. D\u2019o\u00f9 pouvait venir tant d\u2019or ? \u2014du moins une partie,\u2014 sinon des colonies d\u2019Am\u00e9rique ? Ainsi la Cath\u00e9drale a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 des exactions commises outre-mer.<\/p>\n<p>N\u2019oublions pas l\u2019influence de la Contre-R\u00e9forme, issue du Concile de Trente (1545-1563,)\u00a0 pour expliquer tous ces ors\u00a0 : alors que les Protestants choisissaient le d\u00e9pouillement et l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 pour leurs lieux de culte et leurs services religieux, le \u00ab D\u00e9cret sur les images sacr\u00e9es \u00bb (1563) exalta les \u0153uvres faisant appel aux sens mais empreintes de spiritualit\u00e9 de fa\u00e7on \u00e0 faire passer un enseignement chr\u00e9tien. \u00c9taient justifi\u00e9es aussi les c\u00e9r\u00e9monies solennelles et la recherche du beau, les chasubles brod\u00e9es de fils d\u2019or, la lumi\u00e8re des cierges, le parfum de l\u2019encens, la repr\u00e9sentation des sc\u00e8nes bibliques, les chants, la d\u00e9coration des autels et des retables : nous y voil\u00e0 ! S\u00e9ville, de ce point de vue, pouvait se consid\u00e9rer comme un mod\u00e8le .<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-<\/p>\n<p>L\u201c\u00e9poustouflant\u201d retable de la Catedral , la d\u00e9coration\u00a0 de nombreuses \u00e9glises s\u00e9villanes,\u00a0 \u00a0auront \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s gr\u00e2ce aux revenus du commerce : L\u2019expression \u201c Si\u00e8cle d\u2019Or\u201d qui d\u00e9signe le 16\u00e8me si\u00e8cle en Espagne est ici tr\u00e8s justifi\u00e9e, au sens litt\u00e9ral comme au sens figur\u00e9.<\/p>\n<p>Mais revenons \u00e0 nos S\u00e9villans.\u00a0 Les malheureux ! ils ne se doutaient pas qu\u2019ils mangeaient leur pain blanc, que le 17\u00e8me s\u00a0 (surtout sa seconde moiti\u00e9) allait leur apporter les revers de fortune, un d\u00e9clin progressif (qui n\u2019emp\u00eacha pas une floraison de chefs d\u2019oeuvre picturaux,) une \u00e9pid\u00e9mie de peste qui tua pr\u00e8s de la moiti\u00e9 d\u2019entre eux (1649), etc ; Philippe III et Philippe IV , successeurs de Philippe II (mort en 1598 ) ne furent gu\u00e8re \u00ab\u00e0 la hauteur,\u00bb\u00a0 le commerce faiblit, (baisse, puis effondrement des importations de m\u00e9taux pr\u00e9cieux de 1600 \u00e0 1630,) le centre de l\u2019Espagne, semi-d\u00e9sertique, parcouru par d\u2019immenses troupeaux de moutons, se\u00a0 d\u00e9peupla ; la d\u00e9faite de Rocroi,(1643) le Trait\u00e9 de Westphalie et la perte des Pays Bas (1648) firent perdre \u00e0 l\u2019Espagne son rang de grande puissance en Europe ; la pauvret\u00e9 r\u00e9gna, h\u00e9las, pour des si\u00e8cles : l\u2019Espagne , qui aurait pu profiter de l\u2019 afflux de richesses d\u00e9barqu\u00e9es \u00e0 S\u00e9ville pour d\u00e9velopper son \u00e9conomie, ne le fit pas ; sa prosp\u00e9rit\u00e9 factice (due \u00e0 des importations ) n\u2019eut qu\u2019un temps : beaucoup d\u2019or et d\u2019argent ne fit que passer pour financer surtout des guerres\u2026 d\u2019o\u00f9 regrets, nostalgie et amertume .<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;<\/p>\n<p>Et l\u2019Eglise dans cette Histoire ? Conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019enseignement du Christ, l\u2019Eglise s\u2019est toujours charg\u00e9e de l\u2019aide aux pauvres,\u00a0 (travail des diacres \u00e0 l&#8217;origine,) d&#8217;o\u00f9 les appels \u00e0 la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 des fid\u00e8les. On a pu dire que, pendant des si\u00e8cles et jusqu\u2018\u00e0 une \u00e9poque r\u00e9cente, l\u2019Eglise \u00e9tait, dans les pays de vieille catholicit\u00e9, la S\u00e9curit\u00e9 Sociale (2) et, \u00e0 un moindre degr\u00e9, l\u2019Education Nationale ; les deux sortes de clerg\u00e9 : le r\u00e9gulier et le s\u00e9culier, diff\u00e9rents ordres religieux se r\u00e9partissant les t\u00e2ches. Les hommes d\u2018\u00e9glise savaient qu&#8217; ils n\u2018\u00e9taient que les usufruitiers et les g\u00e9rants, non les propri\u00e9taires des revenus de leurs terres et des\u00a0 biens qui leur \u00e9taient donn\u00e9s ou l\u00e9gu\u00e9s.-<\/p>\n<p>Au 18\u00e8me s. surtout, la philosophie des Lumi\u00e8res et le r\u00e8gne d\u2019un\u00a0 \u00ab despote \u00e9clair\u00e9,\u00bb Charles III, (qui expulsa les J\u00e9suites, etc)\u00a0 suscit\u00e8rent des critiques \u201cvoltairiennes\u201d : la religion catholique, avec ses myst\u00e8res, son usage du latin, certains rites, leur paraissait obscurantiste,\u2026 les exc\u00e8s de l\u2019Inquisition les indignaient ; les pr\u00eatres n\u2019avaient-il pas une emprise tr\u00e8s excessive sur le peuple ? Les contemplatifs n\u2018\u00e9taient-il pas inutiles dans une soci\u00e9t\u00e9 qui estimait naturel que tout le monde travaille ? Les membres du haut clerg\u00e9, surtout, se virent reprocher d\u2018\u00eatre\u00a0des \u00ab princes \u00bb soucieux de \u00ab tenir leur rang,\u00bb, des nantis roulant carrosse, au doigt un anneau orn\u00e9 d\u2019une pierre pr\u00e9cieuse que des fid\u00e8les dociles baisaient en s\u2019inclinant bien bas.<\/p>\n<p>Cela dit, m\u00eame aujourd&#8217;hui au second mill\u00e9naire, la profusion des ors interpelle les visiteurs de la Catedral et parfois les indigne. Aussi peut-on entendre des \u00e9changes comme celui-ci :<br \/>\n\u00ab Cette d\u00e9coration \u00ab folle\u00a0\u00bb comme toutes les autres en ville, a au moins le m\u00e9rite d\u2019attirer beaucoup de touristes ; ce qui , par ces temps de crise (2010), est une aubaine, non ?\u00a0\u00bb<br \/>\n&#8211;\u00ab N\u2019emp\u00eache que nous sommes scandalis\u00e9s : ce que nous reprochons aux responsables de la Catedral, c\u2019est, dans le pass\u00e9, de s\u2018\u00eatre pr\u00e9occup\u00e9s &#8212; uniquement , aveugl\u00e9ment &#8212; de la d\u00e9coration de leur \u00e9glise, en tournant le dos au commandement d\u2019amour des \u00e9vangiles,\u00a0 (Pour un chr\u00e9tien, chaque fois que vous secourez un pauvre, c\u2019est le Christ\u00a0 que vous aidez..) Les pauvres , je crains qu&#8217;ils n&#8217;aient \u00e9t\u00e9\u00a0 en trente-sixi\u00e8me position dans les pens\u00e9es du clerg\u00e9 ! \u00bb<\/p>\n<ul>\n<li>&#8211;\u00ab Mais ne\u00a0 reprochez pas \u00e0 des pr\u00e9lats nomm\u00e9s en des temps de vaches maigres les d\u00e9penses faites bien avant eux, au Si\u00e8cle d\u2019Or !\u00bb<\/li>\n<\/ul>\n<p>&#8211;\u00ab Soit, mais nous estimons que, lorsque la pauvret\u00e9 s\u2019est accrue de fa\u00e7on effrayante (13 000 pauvres \u00e0 S\u00e9ville pour une population de 300 000 \u00e2mes, vers 1636 :\u00ab los mendigos pululaban,\u00bb) une partie des ors, au moins, aurait pu \u00eatre pr\u00e9lev\u00e9e et convertie en esp\u00e8ces pour apaiser la faim des malheureux; mais \u00e7a, ils ne l\u2019ont pas fait! \u00bb<\/p>\n<p>&#8211;\u00ab\u00a0 Mais&#8230;le pouvaient-ils ?<br \/>\n\u223c\u00a0Comme nous l\u2019avons vu, ils se savaient g\u00e9rants (et non propri\u00e9taires) des \u00ab biens d\u2019Eglise,\u00bb donc ils ne pouvaient pas les ali\u00e9ner ;<br \/>\n\u223c Nous autres, hommes du 21\u00e8me si\u00e8cle, tendons \u00e0 juger le pass\u00e9 \u00e0 travers notre hi\u00e9rarchie des valeurs ; mais les hommes d\u2019autrefois ne raisonnaient pas comme nous ; ils avaient davantage le sens du Sublime, le respect de la grandeur ; les chr\u00e9tiens voyaient en Dieu le Cr\u00e9ateur, le Tr\u00e8s-Haut, le Tout-Puissant et ils s\u2019inspiraient des formules : \u00ab Dieu premier servi\u00bb ou\u00a0 \u00ab Ad majorem Dei gloriam,\u00bb\u00a0 \u00ab\u201cPour une plus grande gloire de Dieu,\u00bb ce qui in\u00e9vitablement devait \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 en : \u00ab On ne saurait faire trop \u2014 trop grand, trop beau,\u2014 pour c\u00e9l\u00e9brer Dieu. Aussi les gestionnaires de la Catedral pouvaient d\u00e9cider des d\u00e9penses somptuaires sans que leur conscience proteste ;\u00a0(de m\u00eame chez les constructeurs de St Pierre \u00e0 Rome \u00bb)<\/p>\n<p>\u2014\u00ab \u00c7a alors ! avec de telles formules, on peut excuser les d\u00e9penses les plus extravagantes &#8230; Eh bien,\u00a0 nous, soyons raisonnables ; essayons de savoir quelles sommes d\u2019argent ont \u00e9t\u00e9 englouties dans cette d\u00e9coration et\u00a0 quelles sommes au m\u00eame moment ont servi \u00e0 aider les mis\u00e9reux ; cette comparaison permettra d\u2019y voir plus clair.\u00bb<br \/>\n&#8212;\u00ab Id\u00e9e s\u00e9duisante \u00e0 premi\u00e8re vue, mais&#8230;qui n&#8217;est pas r\u00e9aliste, elle va buter sur un obstacle de taille ; voici pourquoi : dans le Livre de comptes de la Cath\u00e9drale, vous allez, certes, trouver des frais de main d\u2019\u0153uvre ainsi que le prix des mat\u00e9riaux, m\u00e9taux pr\u00e9cieux compris ;\u00a0 et du c\u00f4t\u00e9 des h\u00f4pitaux, tels que l\u2019Hospital de la Caridad, vous allez trouver peut-\u00eatre le prix des aliments et des pr\u00e9parations, produits quantifiables, comme les mat\u00e9riaux tout \u00e0 l&#8217;heure ;\u00a0 en revanche, les frais de main d\u2019oeuvre ici sont inexistants ou proches de z\u00e9ro ; parce qu\u2019ici\u00a0 il s\u2019agit de services caritatifs rendus par les membres d\u2019une Confr\u00e9rie qui n\u2018\u00e9taient pas pay\u00e9s : quand un Miguel Ma\u00f1ara (3), \u00e0 l\u2019 \u00ab Hospital de la Caridad, \u00bb \u00a0secourait un mendiant trouv\u00e9 inanim\u00e9 dans la rue et le portait \u00e0 l\u2019 infirmerie, il n\u2019y avait pas toujours un \u00e9crit pour rendre compte de son action \u2014 encore moins du temps qu\u2019il y passait ! \u00bb<\/p>\n<p>Finalement on arrive \u00e0 cette conclusion m\u00e9lancolique\u00a0concernant la\u00a0\u00abfolie\u00bb des tr\u00e9soriers de la Catedral : on ne peut pas savoir s\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 \u00e9blouis par l\u2019or au point d\u2019en oublier le commandement d\u2019amour des Evangiles \u2026. et le saura t-on jamais ? On peut avoir des soup\u00e7ons mais on n&#8217;a pas de preuves.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;<\/p>\n<p>(1) Hauteur de la vo\u00fbte \u00e0 Beauvais aujourd&#8217;hui : 48 m<br \/>\n(2)\u00a0Formule d\u2019Alain Lipietz , dans \u201cLe Monde\u201d<br \/>\n(3) Personnage du 17\u00e8me s.,(1627-1679) c\u00e9l\u00e8bre \u00e0 S\u00e9ville, sa ville natale.\u00a0 Miguel Ma\u00f1ara mena d\u2019abord une vie insouciante et dissip\u00e9e, mais fut \u00e9prouv\u00e9 par la mort de son p\u00e8re, de ses fr\u00e8res a\u00een\u00e9s, puis de son \u00e9pouse ; peu apr\u00e8s il d\u00e9couvrit la mis\u00e8re dans la rue et\u00a0 se convertit. Membre la\u00efque d\u2019une confr\u00e9rie (\u00ab la Hermandad de la Santa Caridad \u00bb) qui l\u2018\u00e9lut bient\u00f4t \u00e0 sa t\u00eate,(au d\u00e9part, elle enterrait surtout les morts de la rue et les noy\u00e9s,) il en r\u00e9digea la r\u00e8gle, fonda \u00ab l\u2019Hospital de la Caridad \u00bb pr\u00e8s des quais, (azulejos et tableaux remarquables de Murillo ,(dont quatre furent d\u00e9rob\u00e9s vers 1810-1812 \u00a0par le mar\u00e9chal Soult&#8230; qui avait besoin d&#8217;oeuvres d&#8217;art pour d\u00e9corer son\u00a0 ch\u00e2teau !)\u00a0 Miguel Ma\u00f1ara secourut les mis\u00e9reux avec un d\u00e9vouement extraordinaire ; il fit respecter la dignit\u00e9 des pauvres, \u00ab nos ma\u00eetres et seigneurs,\u00bb en cela il \u00e9tait en avance sur son temps . A sa mort, il demanda \u00e0 \u00eatre enterr\u00e9 sous un seuil par humilit\u00e9 ; de nombreux S\u00e9villans le pleur\u00e8rent .<\/p>\n<p>+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nos amis espagnols aiment bien vous citer le proverbe suivant lequel la capitale de l\u2019Andalousie, (pour eux : \u00ab Sevilla\u00bb) est\u00a0\u00ab\u00a0una maravilla,\u00bb\u00a0 une merveille.\u00a0 Eh bien, ma femme et moi avons eu la chance d\u2019aller voir l\u00e0-bas ce qu\u2019il en \u00e9tait ; c\u2018\u00e9tait en octobre dernier,\u00a0 mois o\u00f9 les 40-45\u00b0 de l\u2018\u00e9t\u00e9 s\u2019effacent pour donner &hellip; <a href=\"https:\/\/le-moulin-a-poivre.fr\/?page_id=83\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Les ors de la Catedral<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-83","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/le-moulin-a-poivre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/83","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/le-moulin-a-poivre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/le-moulin-a-poivre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/le-moulin-a-poivre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/le-moulin-a-poivre.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=83"}],"version-history":[{"count":36,"href":"https:\/\/le-moulin-a-poivre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/83\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2883,"href":"https:\/\/le-moulin-a-poivre.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/83\/revisions\/2883"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/le-moulin-a-poivre.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=83"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}