{"id":150,"date":"2013-07-07T13:42:59","date_gmt":"2013-07-07T13:42:59","guid":{"rendered":"http:\/\/le-moulin-a-poivre.fr\/?page_id=150"},"modified":"2023-08-16T14:41:21","modified_gmt":"2023-08-16T14:41:21","slug":"150-2","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/le-moulin-a-poivre.fr\/?page_id=150","title":{"rendered":"Justice immanente"},"content":{"rendered":"<p>L&#8217;auto-stop, oui, je l&#8217;ai pratiqu\u00e9 sans mod\u00e9ration entre 20 et 30 ans; apr\u00e8s quoi j&#8217;ai eu ma voiture, et \u00e7&#8217;a \u00e9t\u00e9 \u00e0 mon tour d&#8217;emmener des auto-stoppeurs. La plupart du temps nous \u00e9tions deux, parfois trois, \u00e0 auto-stopper ensemble; les conducteurs de voitures n&#8217;ayant en g\u00e9n\u00e9ral qu&#8217;une ou deux places \u00e0 nous offrir, notre groupe se scindait, puis se reformait un peu plus tard, comme ces nu\u00e9es de poissons qu&#8217;on voit \u00e0 la t\u00e9l\u00e9 .<\/p>\n<p>Ce qui \u00e9tait formidable, c&#8217;est que, quelques jours avant le week-end, rendez-vous \u00e9tait fix\u00e9 dans telle ou telle localit\u00e9 ; chacun se mettait sur un bord de route le samedi en d\u00e9but d&#8217;apr\u00e8s-midi et, croyez-moi, on arrivait toujours en quelques heures, parfois fort loin de notre point de d\u00e9part. On passait le weekend ensemble, on \u00e9tait entre dix et quinze gar\u00e7ons et filles, on logeait dans une auberge de la jeunesse qui en g\u00e9n\u00e9ral ne servait pas les repas, on mettait donc en commun nos aliments tir\u00e9s du sac, (qu&#8217;on pouvait\u00a0 r\u00e9chauffer \u00e0 la cuisine,) on avait des tas de choses \u00e0 se raconter sur la semaine pass\u00e9e, sur le pays o\u00f9 nous \u00e9tions : l\u2019\u00c9cosse, sur nos d\u00e9couvertes, sur ce qui nous d\u00e9paysait et rendait ce peuple attachant, sur les plaisanteries traditionnelles, souvent au sujet des Anglais, ( L&#8217;un d&#8217;eux d\u00e9clare:\u00ab I was born an Englishman and I&#8217;ll die an Englishman \u00bb, \u00e0 quoi un \u00c9cossais r\u00e9pond \u00ab Man, ye&#8217;re no ambitious ! \u00bb ) sur le legs du pass\u00e9, (le kilt, bien s\u00fbr, le porridge, les cornemuses, les danses, les tartans, les clans, l&#8217;hommage au po\u00e8te Robert Burns, le haggis, sans oublier le forgeron de Gretna Green, etc ).<\/p>\n<p>L&#8217;id\u00e9e de nous retrouver ainsi avait d\u00e9but\u00e9 \u00e0 l&#8217;initiative d&#8217;une fille d&#8217;Angers, une chic fille, elle \u00e9tait l&#8217;organisatrice et l&#8217;\u00e2me de nos balades. Ainsi on alla en stop jusqu&#8217;au Lake District &#8211;au Sud, &#8212; jusqu&#8217;au Caledonian Canal et au Loch Ness &#8212; au Nord ; pour les \u00c9cossais, prendre quelqu&#8217;un en stop, je crois que c&#8217;\u00e9tait pratiquer l&#8217;hospitalit\u00e9, tradition mill\u00e9naire chez eux dont ils sont l\u00e9gitimement fiers. Notre groupe \u00e9tait international, puisque, en plus des francophones, quelques jeunes \u00c9cossais vinrent se joindre \u00e0 nous, heureux d&#8217;\u00e9chapper \u00e0 l&#8217;inaction du week-end, de manger fran\u00e7ais, de chanter, de rigoler&#8230;Chacun payait son \u00e9cot: la modique somme demand\u00e9e par l&#8217;auberge de la jeunesse pour l&#8217;h\u00e9bergement ; le repas, je l&#8217;ai dit, que chacun devait pr\u00e9voir. La\u00a0 plupart des jeunes de notre groupe gagnaient leur vie, comme assistant(e)s de fran\u00e7ais dans les \u00e9coles secondaires, comme employ\u00e9(e)s dans les agences commerciales ou l&#8217;h\u00f4tellerie .<\/p>\n<p>&#8220;Au bout d&#8217;un an, je fus rappel\u00e9 en France&#8230; et aussi \u00e0 l&#8217;ordre par mes parents, ils me signifi\u00e8rent que la f\u00eate \u00e9tait finie, qu&#8217;il \u00e9tait temps pour moi de me colleter avec les probl\u00e8mes de notre pays. Je d\u00e9cidai alors de finir cette belle ann\u00e9e en beaut\u00e9 en traversant la Mer du Nord de Newcastle \u00e0 Oslo sur un navire norv\u00e9gien, et de l\u00e0, de regagner la France en stop, par le chemin des \u00e9coliers : Oslo,\u00a0 Stockholm, Copenhague, Br\u00e8me, Hambourg, Amsterdam, Bruxelles et enfin Paris ; c&#8217;est ce que je fis &#8212; Une fois \u00e0 bord du rafiot norv\u00e9gien, j&#8217;\u00e9tais tr\u00e8s heureux de repenser \u00e0 mon ann\u00e9e en \u00c9cosse, pays \u00e0 forte individualit\u00e9 ; mais si je m&#8217;y \u00e9tais fix\u00e9, par exemple apr\u00e8s avoir \u00e9pous\u00e9\u00a0 une \u00c9cossaise, je crois que j&#8217;aurais assez vite ru\u00e9 dans les brancards. Car d\u00e8s le d\u00e9but je m&#8217;\u00e9tais heurt\u00e9 \u00e0 quelques r\u00e9alit\u00e9s li\u00e9es au rigorisme puritain : le dimanche, lendemain de mon arriv\u00e9e dans la pension de Mrs K, je me retrouvai d\u00e9s\u0153uvr\u00e9 quand vint l&#8217;apr\u00e8s-midi ; (il pleuvait et le soir tombait t\u00f4t \ud83d\ude09 Je demandai \u00e0 \u00e9couter de la musique ; Mrs K me r\u00e9pondit qu&#8217;on \u00e9tait le jour du sabbat, donc de la musique profane, non, pas question ; peu apr\u00e8s, je sugg\u00e9rai innocemment de jouer aux cartes (dans mon enfance, j&#8217;ai \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9 au Nain Jaune, au Jeu des 7 familles, \u00e0 l&#8217;\u00e9cart\u00e9, au &#8220;bouchon..&#8221;) Ma logeuse et sa fille eurent un air horrifi\u00e9, croyant sans doute (?) que je proposai de jouer pour de l&#8217;argent. Mrs K refusa,\u00a0 et moi de mon c\u00f4t\u00e9 ne demandai plus rien. Il me restait \u00e0 contempler le rougeoiement du feu de charbon dans l&#8217;\u00e2tre ou \u00e0 lire &#8212; mais l\u00e0 j&#8217;avais \u00e9t\u00e9 impr\u00e9voyant. Soir\u00e9e lugubre ; dans cette banlieue de Glasgow, pays minier, le puritanisme fondait &#8211;ou avait en partie fondu &#8212; comme neige au soleil, (par exemple les cin\u00e9mas venaient de se voir accorder une s\u00e9ance le dimanche soir,) mais toute une atmosph\u00e8re marquait encore les esprits. Il faut dire qu&#8217;en ces ann\u00e9es soixante, les attentats des r\u00e9publicains irlandais en Ulster\u00a0 ne faisaient que durcir le presbyt\u00e9rianisme calviniste&#8211; et alimentaient un anti-papisme virulent. Ma logeuse, comme ses voisins presbyt\u00e9riens, adressait \u00e0 peine la parole \u00e0 ses voisins catholiques d&#8217;origine irlandaise ou polonaise &#8212; des mineurs de fond ; et elle demandait, avec un l\u00e9ger sourire, quand je revenais de la messe avec quelque compatriote: &#8220;Il para\u00eet qu&#8217;il y a pas mal d&#8217;odeurs\u00a0 dans votre \u00e9glise, non ? \u00bb (La plupart des paroissiens \u00e9taient des ouvriers, et les salles d&#8217;eau devaient \u00eatre rares) Chez beaucoup d&#8217;\u00c9cossais, la religion, qu&#8217;elle f\u00fbt presbyt\u00e9rienne ou catholique, \u00e9tait teint\u00e9e de rigorisme, parfois triste. Or mon \u00e9ducation re\u00e7ue dans ma famille et au lyc\u00e9e m&#8217;avait\u00a0 plut\u00f4t enseign\u00e9 qu&#8217;\u00ab un chr\u00e9tien triste est un triste chr\u00e9tien.\u00bb<\/p>\n<p>L&#8217;ann\u00e9e suivante, \u00e9tant aux prises\u00a0 avec des probl\u00e8mes hexagonaux suivant le v\u0153u de mes parents, je m&#8217;aper\u00e7us que bien des pr\u00e9jug\u00e9s et \u00e9troitesses d&#8217;esprit r\u00e8gnent chez nous aussi ; que nous, Fran\u00e7ais, ne sommes pas meilleurs que les autres Europ\u00e9ens &#8212; pas pires non plus, j&#8217;imagine, et pas beaucoup plus gais. Mais\u00a0 excusez-moi, je m&#8217;\u00e9gare &#8230;<\/p>\n<p>Une fois \u00e0 Oslo, je rencontrai quelques Fran\u00e7ais; je d\u00e9clinai leur invitation d&#8217;aller sous le cercle polaire &#8212; c&#8217;\u00e9tait la grande mode, &#8212; bient\u00f4t, avec quelques jeunes de mon \u00e2ge, j&#8217;envisageai d\u2019auto-stopper d&#8217;Oslo\u00a0\u00e0 Stockholm; \u00e0 l&#8217;\u00e9poque, je crus la distance entre ces deux villes\u00a0n\u00e9gligeable, faute de m&#8217;\u00eatre pench\u00e9 suffisamment sur la carte ; mais une fois sur la route, je d\u00e9chantai :\u00a0les stops se faisaient beaucoup attendre, (il suffit d&#8217;un crime ou d&#8217;un reportage hostile pour que les conducteurs deviennent soup\u00e7onneux ou vous fassent des gestes peu am\u00e8nes.) Le hasard\u00a0voulut que mon compagnon routard e\u00fbt un stop et partit\u00a0en avant ; et moi, je marchai, je marchai longtemps, seul, dans des paysages de champs de c\u00e9r\u00e9ales, sous un ciel orageux au soleil accablant. En pensant \u00e0 ce soleil, je m&#8217;aper\u00e7ois aujourd&#8217;hui que je m\u00eale aux souvenirs de ce voyage d&#8217;autres souvenirs, ceux que, plus tard, m&#8217;a laiss\u00e9s le film d&#8217;Ingmar Bergman,\u00ab Les Fraises Sauvages,&#8221; \u0153uvre\u00a0puissante\u00a0et dramatique o\u00f9 certaines sc\u00e8nes sont \u00e9clair\u00e9es en surexposition. Le h\u00e9ros, Isak, grand vieillard, m\u00e9decin et chercheur, voyage en voiture en compagnie de sa belle-fille et bient\u00f4t\u00a0de trois auto-stoppeurs jeunes et gais, une fille et deux gar\u00e7ons, qui, en le quittant, lui offrent un bouquet cueilli au bord de la route. Isak somnole ; dans un r\u00eave, il voit une horloge sans aiguilles, un corbillard tir\u00e9 par des chevaux &#8212; et quand le cercueil tombe \u00e0 terre et se brise, devinez qui appara\u00eet ? Le voyage am\u00e8ne Isak \u00e0 m\u00e9diter sur son pass\u00e9 : il a \u00e9t\u00e9 un jeune m\u00e9decin enthousiaste, a connu des moments de tendresse, d&#8217;autres&#8211;plus nombreux&#8211; o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 trahi et o\u00f9 progressivement il a ferm\u00e9 son c\u0153ur. (Chez Bergman, les rapports entre humains sont souvent tendus, accompagn\u00e9s de griefs.) Je me souviens bien de ce film magnifique, mais pas du tout des Su\u00e9dois qui me prirent en stop ; il est vrai qu&#8217;ils n&#8217;\u00e9taient pas\u00a0loquaces, bien que parlant anglais, et je n&#8217;eus pas l&#8217;occasion de leur offrir un bouquet. Mais finalement j&#8217;arrivai \u00e0 Stockholm, fourbu, assoiff\u00e9, couvert de sueur, mon sac \u00e0 dos me paraissait peser trois fois son poids. Je me mis en qu\u00eate de l&#8217;auberge de jeunesse ; en d\u00e9pit de ma fatigue, je fus sensible \u00e0 la beaut\u00e9 du spectacle de la mer et des navires, \u00e0 l&#8217;alliance des couleurs nationales, le jaune et le bleu, \u00e0 la majest\u00e9 des palais construits au bord de la Baltique.<\/p>\n<p>Le repas \u00e0 Stockholm (d&#8217;apr\u00e8s un fait r\u00e9el)<\/p>\n<p>A l&#8217;auberge, je trouvai quelques dizaines de Fran\u00e7ais, y compris le camarade dont j&#8217;avais \u00e9t\u00e9 s\u00e9par\u00e9 ;\u00a0 j&#8217;y fis aussi la connaissance d&#8217;un gar\u00e7on singulier, Geoffroy, il poss\u00e9dait un bon r\u00e9pertoire de po\u00e8mes, de chants et de r\u00e9pliques th\u00e9\u00e2trales dont il aimait faire b\u00e9n\u00e9ficier ses semblables. Quand il nous r\u00e9cita la tirade du nez de Cyrano, son auditoire \u00e9tait sous le charme, y compris les quelques Su\u00e9dois pr\u00e9sents. A l&#8217;auberge encore, on me signala des lieux int\u00e9ressants : le parc du Skansen avec ses maisons en bois des diff\u00e9rentes provinces; le grand stade, o\u00f9 les Fran\u00e7ais se voyaient offrir l&#8217;entr\u00e9e gratuite en ce 14 juillet ; enfin un restaurant \u00e0 prix forfaitaire o\u00f9 l&#8217;on pouvait se servir de tout \u00e0 volont\u00e9 : ah, \u00e7a, \u00e7a tombait bien, je gardais de mon voyage un grand creux. Une douzaine de Fran\u00e7ais se retrouv\u00e8rent dans ce restau, d&#8217;un type nouveau pour moi; un imposant buffet contre un mur nous y attendait avec force plats &#8211;viande except\u00e9e, elle achevait de r\u00f4tir.\u00a0 Mes jours pass\u00e9s sur le rafiot norv\u00e9gien, puis \u00e0 Oslo m&#8217;avaient appris que les Scandinaves accompagnaient couramment leur repas d&#8217;un verre de lait; et aussi que leur cuisine \u00e9tait copieuse et saine, sans \u00eatre extra. Voil\u00e0 pourquoi, sans doute, plusieurs d&#8217;entre nous, une fois au buffet, n&#8217;h\u00e9sit\u00e8rent pas \u00e0 prendre une assiette de soupe blanche, \u00ab sans doute une variante du porridge,\u00bb\u00a0 me glissa un de notre groupe.<\/p>\n<p>Je me souviens de notre tabl\u00e9e : nous \u00e9tions d&#8217;excellente humeur, le soleil brillait, nous nous disions qu&#8217;il y aurait beaucoup de belles choses \u00e0 d\u00e9couvrir \u00e0 Stockholm, pas seulement des runes et autres objets de mus\u00e9e. A un moment, alors que je discutais avec voisins et voisines, je ne vis pas s&#8217;approcher de notre table un gars de notre \u00e2ge, un inconnu tout de noir v\u00eatu, mais je l&#8217;entendis demander, sur un ton indign\u00e9, avec un tr\u00e8s l\u00e9ger accent : \u00ab Comment ? Vous bouffez c&#8217;truc-l\u00e0 ? \u00bb \u00a0Sur ce, l&#8217;inconnu nous ass\u00e9na, en d\u00e9tachant les syllabes et en ricanant: \u00ab C&#8217;est-de-la-soupe-de-sperme !\u00bb Un lourd silence,&#8211; d\u00e9cid\u00e9ment toute la tabl\u00e9e \u00e9tait atone ou quoi ? aussi l&#8217;individu r\u00e9p\u00e9ta, (il devait s&#8217;\u00e9nerver) : &#8221; C&#8217;est de la soupe de sperme ! \u00bb\u00a0 \u00a0Alors Geoffroy, sur un ton de p\u00e8re noble : \u00ab Vous nous l&#8217;avez d\u00e9j\u00e0 diiiit , mon braaave ! Il faut vous soigner !!&#8230; et maintenant, vous pouvez disposer ! \u00bb\u00a0 L&#8217;individu, l&#8217;air contrari\u00e9, tourna les talons et disparut. L\u00e0-dessus, un adulte imposant, ma\u00eetre d&#8217;h\u00f4tel ou directeur, arriva et se r\u00e9pandit en excuses : retenu dans une pi\u00e8ce \u00e0 c\u00f4t\u00e9, il n&#8217;avait pu emp\u00eacher l&#8217;inconnu de venir nous importuner; Geoffroy lui ayant demand\u00e9 qui \u00e9tait l&#8217;inconnu, il secoua la t\u00eate, l&#8217;air malheureux, puis l\u00e2cha : \u00ab Ce gar\u00e7on ne vaut pas la peine qu&#8217;on en parle,\u00bb\u00a0 puis une phrase en su\u00e9dois, tandis qu&#8217;il s&#8217;\u00e9loignait ; une fille de notre groupe traduisit: \u00ab Et moi, je dois le supporter 24 heures sur 24 \u00bb\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 .<\/p>\n<p>Le repas se poursuivit : le rosbif, les plats vari\u00e9s qui suivirent, le ou les desserts furent tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9s ; quant au caf\u00e9, \u00e0 cette \u00e9poque o\u00f9 la Su\u00e8de avait un train de vie que les ex-bellig\u00e9rants pouvaient lui envier, c&#8217;\u00e9tait un arabica doux et aromatique, nettement meilleur que ce que nous avions en France. La gaiet\u00e9 \u00e0 notre table ne tarda pas \u00e0 r\u00e9appara\u00eetre, le groupe f\u00e9licita Geoffroy de sa brillante r\u00e9partie, il eut droit \u00e0 un ban : il se leva et nous gratifia de plusieurs po\u00e8mes.<\/p>\n<p>L&#8217;histoire pourrait s&#8217;arr\u00eater l\u00e0. Eh bien, le hasard en d\u00e9cida autrement : en fin de repas, je passai dans un couloir devant une porte entreb\u00e2ill\u00e9e ; des bruits \u00e9tranges me parvenaient ; ayant jet\u00e9 un oeil, je revis l&#8217;inconnu v\u00eatu de noir.\u00a0 Cette fois, le corps secou\u00e9 par des spasmes, il \u00e9tait pench\u00e9 sur un lavabo et vomissait bruyamment.<\/p>\n<p>+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+\u00b0+<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#8217;auto-stop, oui, je l&#8217;ai pratiqu\u00e9 sans mod\u00e9ration entre 20 et 30 ans; apr\u00e8s quoi j&#8217;ai eu ma voiture, et \u00e7&#8217;a \u00e9t\u00e9 \u00e0 mon tour d&#8217;emmener des auto-stoppeurs. 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